La lutte biologique contre les parasites du jardin. Guide (2021)

On sait désormais quelles espèces accueillir avec bienveillance au jardin, et quelles espèces parasites, parfois invasives et importées, éliminer au plus vite.

Découvrez nos conseils pour lutter contre les ennemis du jardi, et attirer et retenir vos alliés.

Utilisez la lutte biologique pour sélectionner la biodiversité au potager ou au verger.

chat mulot

Biodiversité utile ou parasites nuisibles ?

Heureusement, les mentalités ont bien évolué sur le comportement à avoir face aux habitants du jardin.

Jadis, au moindre insecte, rongeur ou oiseau au jardin, on sortait les grands moyens pour les chasser. Sans aucun discernement ni sans distinction.

De nos jours, on considère la biodiversité dans son ensemble.

On comprend mieux le rôle de chacun dans la chaîne alimentaire, et on sait que les uns sont liés aux autres.

On aborde le jardin comme un espace vivant, dans le respect de la flore et de la faune.

Les hôtels à insectes, les nichoirs et les abris pour les hérissons sont de retour.

On compose avec les auxiliaires de jardin, et on se débarrasse des parasites, en douceur et dans le respect de l'environnement.

Les parasites de nos jardins

Aleurode
Score de nuisance : 8/10

Un petit coléoptère pas plus gros qu’une petite mouche, mais très agressif dans le potager et le verger ou il fait des ravages en dévorant les feuilles des céréales, palmiers, légumes…
L’aleurode du tabac (bemisia tabaci) et l’aleurode du chou (aleyrodes proletella) vont dévorer toutes vos feuilles de légumes et de fleurs (hibiscus, lilas, azalée, rhododendron…) et même s’en prendre à vos plantes d’intérieur. Les plants vont mourir vidés de leur sève.

Puceron
Score de nuisance : 8/10

puceron

Les pucerons sont minuscules, et cependant ils se nourrissent de sève et de bourgeons, en colonisant en grand nombre vos rosiers, sureaux et tomates en début de saison.
Ils produisent du miellat qui rendra vos plantes poisseuses et attireront d’autres nuisibles. Le miellat favorise le développement de fumagine (moisissures noirâtres).
Les fruits se déforment également et resteront bosselés.

Chenille
Score de nuisance : 9/10

chenille processionnaire

Qu’elle soit blanche, jaune, rouge, grise ou verte, la chenille verte est un ennemi avéré du jardinier, comme de nombreuses larves de papillons. Les chenilles vertes trouent les feuilles, dévorent les racines, creusent des galeries dans les tiges et se nourrissent du cœur des troncs…
Si à l’état de papillon cet insecte est plutôt une bonne nouvelle, il sera rarement bienvenu au stade de larve. C’est un herbivore très vorace, beaucoup plus que sa taille ne le laisse présager.
Quant à la chenille processionnaire, ses poils urticants sont un danger pour les animaux, les enfants, et toute personne qui s’aventurerait à la toucher.

Ver blanc ou larve de hanneton
Score de nuisance : 10/10

ver blanc

N’importe quel jardinier vous le dira : le ver blanc (melolontha melolontha) est l’ennemi absolu du jardin. La larve du hanneton (à ne pas confondre avec la larve de cétoine) se cache parfois profondément dans la terre et dévore les feuilles, le bois et les racines de vos plantes.
Ce fléau dévastera vos légumes, vos arbres et arbustes, vos vivaces… Le plant mourra si le ver n’est pas repéré et éliminé.

Mulot
Score de nuisance : 7/10

Le mulot est un rongeur d’une dizaine de centimètres, gris avec une longue queue et des rayures sur le dos. Il est capable de dévorer tout votre potager. Carottes, tomates, choux.. . tout y passera. Le mulot mange tous les jours l’équivalent de son poids.
Il vit dans des terriers qu’il a tendance à « emprunter » aux taupes. Et fait beaucoup de petits (15/25 par an). Soit autant de bouches à nourrir.

Cochenille
Score de nuisance : 6/10

La cochenille se retrouve fréquemment sur les arbres, arbustes, plantes… Le plant périt rapidement, sous les attaques de cet amas blanc de minuscules insectes.
La cochenille se nourrit de la sève des plantes, et produit un amas noir sur les feuilles : la fumagine.

Araignée rouge
Score de nuisance : 5/10

L’araignée rouge (tetranychus urticae) adore les feuillages tendres des jeunes pousses et plantules, encore pleins d’azote et de potasse.
Sur son passage rien ne restera en forme très longtemps. Qui plus est vous connaissez sans doute ses larves urticantes, les fameux aoûtats. Elles apparaissent par temps chaud et constituent des nuages rouges installés sur leurs toiles en particulier près des conifères. Les araignées rouges migrent rapidement d’une plante à l’autre. Vous verrez apparaître des feuilles piquetées de points blancs ou jaunes, ou grisâtres, qui finissent par sécher et tomber.

Balanin des noisettes
Score de nuisance : 5/10

Le balanin (balaninus nucum) est un coléoptère d’à peine 1 cm, responsable de la chute précoce de vos noisettes et des petits trous que vous verrez dans votre récolte. Ce petit charançon se repère généralement quand il est trop tard. Il créera également des dégâts dans les amandes des pêches, qui seront difformes (et contiendront des larves).

Mouche du chou
Score de nuisance : 5/10

La mouche du chou (delia radicum) est un tout petit diptère qui vient pondre sur les choux, navets, radis… Ce sont ensuite les larves issues de cette ponte qui ravagent votre potager. Les plantes attaquées ont une croissance ralentie et les plantules dépérissent rapidement du fait de leurs racines affaiblies par des galeries.

Punaise verte
Score de nuisance : 7/10

Cette punaise (nezara viridula) se nourrit de la sève de nombreuses plantes. Pour se défendre, elle utilise ses glandes odoriférantes très malodorantes. Bien qu’originellement présente surtout dans les cultures de soja et de riz, depuis quelques décennies on la retrouve dans les jardins d’Europe, sur les aubergines, poivrons et tomates dont elles dessèchent les feuilles et réduisent la récolte.

Limace
Score de nuisance : 10/10

limace

Ce gastéropode est une plaie. Ne vous fiez pas à son air débonnaire : elle est pratiquement indestructible. Les limaces sont capables de ravager des plates-bandes entières de légumes ou de fleurs. Tout y passe : feuilles de légumes, de fruits, de fleurs… Il n’y a guère que les plants à épines qui leur résistent. La moindre averse sonne le regroupement des parasites.

Campagnol
Score de nuisance : 9/10

campagnol

Si vos légumes disparaissent par charrettes entières, ne cherchez plus le coupable. Le campagnol (microtus arvalis) est un glouton, difficile à déloger une fois qu’il a repéré le garde-manger. Le « rat taupier » comme on l’appelle encore parfois, s’en prend à tout ce qui se mange : légumes, fruits, feuilles… 

Doryphore
Score de nuisance : 8/10

doryphore

Le doryphore (leptinotarsa decemlineata) est le nuisible par excellence qui s’en prend aux pommes de terre, tomates, aubergines…

Les dégâts des parasites au jardin

Il ne faut pas limiter les nuisances des parasites de jardin à quelques fruits et légumes abîmés.
Les nuisibles sont responsables de dégâts et de réactions en chaîne :

  • certains parasites sont urticants et dangereux pour les animaux et les humains
  • des maladies et des champignons s’installent, sans que le végétal ne puisse lutter
  • en privant les autres espèces de nourriture, les parasites éloignent certains auxiliaires de jardin
  • la contamination entre les végétaux peut être croisée, et gagner même les plantes d’intérieur
  • la destruction peut aller jusqu’aux racines
  • la récolte est moins bonne
  • les fruits et légumes sont petits, tordus et « moches »
  • les plants sont affaiblis

Importance de la lutte biologique

La lutte biologique désigne l’utilisation d’organismes vivants pour prévenir et diminuer les attaques des ravageurs. On peut recourir à d’autres espèces animales, ou à des produits naturels.

L’objectif de la lutte biologique n’est pas d’éradiquer complètement les populations parasites (seuls les pesticides chimiques sont biocides), mais de les réguler afin qu’elles ne soient plus une nuisance.

La lutte biologique peut prendre différentes formes, dont parfois extrêmement sophistiquées, avec l’utilisation de micro-organismes ou de phéromones sexuelles.

À l’heure de la préservation écologique de l’environnement, coûte que coûte, la lutte biologique permet de rétablir au moins partiellement l’équilibre, en s’affranchissant des intoxications des produits chimiques.

Les avantages de la lutte biologique :

  • ne plus recourir aux monocultures
  • utiliser la pyramide alimentaire naturelle
  • garder sous contrôle les espèces exotiques invasives 
  • moins de toxicité donc moins problèmes de santé pour l’homme
  • moins de pollution des sols et des nappes phréatiques
  • des substances biodégradables
  • les nuisibles développent moins de résistances naturelles
  • retour de certains auxiliaires de jardin qui avaient disparu (coccinelle, hérissons, taupes, oiseaux, chauve-souris…)
  • un sol plus riche et vivant, travaillé en profondeur
  • les auxiliaires se reproduisent et se propagent seuls : la lutte biologique coûte moins cher

Nos astuces (en vracs) contre les ennemis du jardin

  • Contre la limace, malgré la grande liste de solutions « de grand-mère » qui existent, revenez à la solution la plus efficace : la récolte à la main.
  • Coupez les branches infestées et brûlez-les.
  • Déposez des rondelles de pomme de terre au pied de vos plantules pour détourner l’attention des limaces.
  • Désherbez bien autour des plantes, ajoutez du compost en hiver pour permettre ainsi aux végétaux de mieux résister aux parasites.
  • Empêchez les moustiques de proliférer en éliminant les sites de ponte (coupelles d’eau…).
  • Enlevez à la main (avec des gants) tout ce que vous pouvez !
  • Enlevez toutes les feuilles mortes tombées au sol.
  • Il existe des voiles anti-insectes.
  • Installez des larves de coccinelles (on en trouve en jardinerie) dans vos rosiers et sureau.
  • Installez des perchoirs et des nichoirs à rapaces.
  • Invitez les chauves-souris et oiseaux prédateurs dans votre jardin en installant des cabanes et nichoirs.
  • Jetez tous vos insecticides chimiques : ils sont inefficaces et créent des résistances chez les nuisibles, créant à long terme un effet totalement contre-productif.
  • L’odeur du purin de sureau fait fuir les mulots.
  • Laissez des tas de branches, de pierres ou de briques dans les coins tranquilles de votre jardin ou en pied de haies pour les hérissons et les serpents.
  • Laissez vos poules vous aider à chasser les limaces.
  • Laissez votre chat déambuler librement das votre jardin pour limiter la population de rongeurs.
  • Les canards adorent les limaces. Lâchez-les dans le jardin.
  • Mélangez et alternez les cultures, faites des associations bénéfiques.
  • Ne chassez pas les couleuvres et les orvets.
  • Ne posez jamais de pièges anti oiseaux ou de filets dans vos jardins : les oiseaux sont indispensables.
  • Ne remuez pas trop souvent votre compost : laissez aux orvets et batraciens la possibilité de s’y abriter.
  • Nombre d’insectes détestent l’humidité : lorsque vous arrosez, douchez les feuilles.
  • Plantez des plantes « répulsives » : euphorbe épurge, fritillaire impériale, incarvillée, mélilot, rue, lavande, géranium, genêt, menthe, chrysanthème…
  • Pour éviter les araignées rouges, n’apportez pas trop d’engrais azoté.
  • Pratiquez des arrosages aussi localisés que possible.
  • Remplacez vos pièges « à colle » par des petits cartons englués de miel ou du scotch double face. Les aleurodes par exemple viendront se coller sur ces pièges.
  • Semez des engrais verts à fleurs mellifères : prêle, ortie, phacélie, trèfle...
  • Si vos plantes en pot sont attaquées, éloignez-les ou mettez-les à l’écart pour qu’il n’y ait pas de contamination.
  • Utilisez des produits bio à base de pyréthrine contre les nuisibles les plus résistants.
  • Utilisez des purins d’ortie et de consoude sur les feuillages des plantes : ils renforcent les défenses naturelles des végétaux.
  • Vaporisez de l’eau et du savon noir sur les plantes envahies de pucerons.

Invitez les auxiliaires dans votre jardin

taupe
coccinelle
hérisson

Il est temps de vous familiariser avec l’expression « auxiliaire de jardin ».

Ce terme signifie que la majorité des habitants du jardin sont davantage vos alliés que vos ennemis ! Sur les 2000 espèces différentes d’insectes qui peuplent votre jardin, seule une minorité sera nuisible.

C’est la raison pour laquelle l’utilisation de pesticides chimiques est à proscrire : ces produits ne font pas la distinction entre les alliés et les parasites.

Dans la nature, il n’existe pas de « nuisibles » (à l’exception peut-être du moustique).

C’est donc vous qui déciderez qui est bienvenu ou non dans votre jardin.

On pourra comprendre que vous soyez hésitant à accueillir des couleuvres, crapauds et orvets.

Voici vos principaux alliés  :

  • Abeille domestique : extraordinaire pollinisateur
  • Araignée : contre de nombreux insectes.
  • Belette : contre les rongeurs, limaces…
  • Bourdon terrestre : extraordinaire pollinisateur
  • Carabe : contre d’autres insectes, chenilles et larves
  • Chat : contre les rongeurs
  • Chauve-souris : contre de nombreux insectes (moustique notamment)
  • Chrysope : contre les pucerons, cochenilles, acariens, aleurodes, œufs de papillon, thrips…
  • Coccinelle : contre les pucerons
  • Crapaud et grenouille : contre les limaces
  • Fourmi : contre les chenilles, vers, larves, araignées, mouches, cloportes et cadavres d’insectes en général.
  • Guêpe : prédateurs ou parasites de nombreux insectes
  • Hérisson : contre les araignées et larves d’insectes
  • Lézard : il mange de nombreux insectes
  • Libellule : contre les chenilles
  • Oiseaux : contre les larves et chenilles
  • Perce-oreille : contre les pucerons et araignées.
  • Syrphe : contre les pucerons
  • Taupe : contre les parasites sous terrains : vers gris, limaces, tipules, larves de taupins, courtilières…

Comment attirer les coccinelles au jardin ?

Bannissez tous les pesticides, fongicides et herbicides chimiques.

Construisez un abri à coccinelles : une boîte en bois contenant des planchettes fixées horizontalement, espacées de 5 mm, que vous placerez dès le mois d’août dans un endroit sec, à l’abri du vent et de la pluie, et orienté sud/sud-est à 30 cm du sol.

Gardez quelques pucerons : la larve de coccinelle mange 150 pucerons par jour.

N’introduisez pas dans votre jardin de coccinelle asiatique : elle est une menace pour les espèces indigènes.

Préservez un jardin naturel, des haies, des bandes non tondues et quelques mauvaises herbes.

Comment attirer les oiseaux dans son jardin ?

Les oiseaux insectivores comme les mésanges peuvent vous rendre de grands services.

Ne taillez jamais ni n’élaguez entre le 1er avril et le 30 août (période de nidification).

Plantez des fruitiers dans votre haie et laissez un peu de fruits aux oiseaux.

Plantez une haie bien fournie avec des troènes, cornouillers, pyracanthas, houx, pommiers décoratifs, aubépines, églantiers, sureaux…