Labourer, bêcher, greliner : comment ameublir la terre ?

Si vous avez une terre argileuse ou humifère dans votre jardin, vous le savez : à la moindre pluie elle s’engorge d’eau, s’alourdit, se tasse, et il devient presque impossible de la travailler. Quant à y semer du gazon…

Même chose si vous venez d’entrer sur une propriété à peine remblayée : vous avez sous vos pieds des blocs de terre sèche et tassée, dans lesquels il va être difficile de voir s’épanouir les belles fleurs que vous imaginiez déjà.

Rares sont ceux d’entre nous qui ont la chance d’avoir une belle terre noire agricole.

Une seule chose à faire avant de pouvoir mettre en place votre potager ou vos bosquets : ameublir le sol !

La terre se travaille. C’est le principe même du jardinage. Plus elle est travaillée et ameublie, plus elle est aérée, décompactée, spongieuse et belle.

Ce travail est parfois un travail de longue haleine. Commencez par tester votre terre avant de déterminer comment vous y prendre.

retourner la terre

Pourquoi faut-il travailler la terre ?

Le travail de la terre tel qu’on l’entend traditionnellement, c’est retourner, bêcher ou labourer la terre pour pouvoir « en faire quelque chose ».

Essayez de jeter des graines sur un sol tassé et compact : rien ne prendra. Il faut que les racines puissent s’enfoncer et prendre dans un sol souple, léger et aérien.

Traditionnellement, pour ameublir la terre, jusqu’ici il fallait :

  • labourer la terre
  • bêcher la terre

Désormais la tendance est à ne plus retourner la terre, mais à l’ameublir en l’aérant et en la travaillant en surface.

Grande différence entre labourer ou bêcher la terre et aérer la terre du jardin : dans le premier cas, on élimine les cultures précédentes et obtient un sol nu (même si les graminées et adventices finiront par revenir).

Aérer la terre : la nouvelle philosophie du jardinage

ameublir la terre
retourner la terre avec motuculteur

Terre retournée après le passage d'un motoculteur

La permaculture a montré que l’aération du sol permettait de restaurer l’activité des micro-organismes et de leur laisser faire le travail à notre place. C’est d’ailleurs pour cela qu’on appelle parfois la permaculture « le potager du paresseux » : on laisse la nature travailler.

Dans l’approche classique du jardinage, le retournement du sol fait partie d’une pratique habituelle.

Le fait de retourner le sol chamboule ses différentes strates et modifie sa structure. À chaque niveau (profondeur) correspond un type de micro-organismes, qui se retrouvent « au mauvais endroit ».

De plus, chaque profondeur correspond à un niveau de décomposition de l’humus.

En inversant les couches, certaines matières pas encore suffisamment décomposées deviennent nuisibles pour les racines et toxiques. En enterrant la couche vivante et fertile du sol, le bêchage le tue.

Pour ne pas bouleverser l’activité du sol, on préfère aujourd’hui décompacter la terre du jardin en l’aérant. On soulève les mottes à l’automne, en les décompactant. C’est ensuite le travail naturel de l’hiver et du gel qui défera les grosses mottes.

Bonus supplémentaire : ce travail est moins physique et plus rapide, moins pénible pour le jardinier.

Pour ce faire on utilise des outils comme la biogriffe, fourche bêche ou grélinette.

grelinette


Pour les terrains les plus lourds et compacts, ou la grelinette ne suffit pas toujours, on pratique la culture en butte, ou en lasagnes, ou on amende et paille le sol régulièrement, pour finir par en améliorer la nature progressivement (cela peut prendre plusieurs années).

Les buttes de culture sont des couches de matière organique posées successivement, chacune ayant des propriétés spécifiques, permettant une grande fertilité (beaucoup plus de plantes au m² que sur un sol normal). On dit d’ailleurs que la butte de culture est « autofertile ».

butte de culture

De plus, cela permet de ne pas avoir à piétiner le sol en dessous, et de le laisser s’enrichir et s’alléger naturellement avec les éléments posés en surface.

En 1 ou 2 ans, sous les buttes, le sol sera souple et aéré et vous pourrez le cultiver naturellement. C’est une solution idéale si votre terrain est devenu infertile à force d’être labouré ou s’il a été compacté par le passage d’engins de construction.

C’est également une bonne méthode pour vous débarrasser de vos adventices si elles sont un problème.

Comment améliorer la qualité d’un sol trop compact et trop lourd ?

  • Répandez régulièrement en surface de votre sol du paillis végétal.
  • Apportez-lui du compost maison.
  • Invitez les vers de terre au festin : un peu de fumier de cheval devrait faire l’affaire.
  • Semez des engrais verts (trèfle, phacélie, vesces…)
  • Passez la grelinette
  • Placez des buttes de culture pendant au moins 1 an
  • Apportez un amendement organique à base d’algues
  • Dispersez du sable pour améliorer le drainage
  • Utilisez du paillis de coques de cacao pour alléger le sol et le nourrir.

Bêcher

Le bêchage a tout de même certains avantages, pour peu qu’on ne perturbe pas trop le sol.

becher
  • Bêcher permet de « casser » plus rapidement les mottes (au prix d’un effort physique).
  • Bêcher permet d’incorporer et de mélanger du compost, du terreau ou de l’engrais dans l’humus.
  • Pour transformer une terre de remblais en terre de culture, bêcher un jardin ou une pelouse sera indispensable la première année.
  • Bêcher une pelouse limite plus efficacement la pousse des adventices (mauvaises herbes).
  • Bêcher est parfois indispensable avant de creuser pour planter un arbuste par exemple.
  • Bêcher permet d’avoir des bordures nettes.
  • Si vous êtes dans l’urgence de travailler le sol pour le cultiver, le bêchage sera beaucoup plus rapide. Il vous faudra cependant veiller à rééquilibrer les organismes et les nutriments du sol avec du compost et du fumier.

Attention aux vers de terre !
Ce sont de précieux auxiliaires au jardin !
Évitez autant que possible de les tuer avec la bêche !

intérêt du ver de terre

Comment bêcher son jardin sans se fatiguer ?

Voici comment bêcher une terre trop dure :

Utilisez une bêche plate si votre sol est plutôt sableux.
Utilisez une fourche bêche si votre sol est plutôt argileux.

Choisissez une longueur de bêche adaptée à votre morphologie.
Plus les fers seront larges, plus l’effort sera grand.

Portez une ceinture lombaire : même avec la bonne technique, bêcher sollicite beaucoup le dos et les genoux.

Bêchez en fin d’automne ou en début d’hiver, avant les grands froids, et par temps sec lorsque la terre n’est pas gorgée d’eau (trop lourde)… ni trop sèche (trop dure) !

  1. Tenez votre dos aussi droit que possible.
  2. Ne plantez pas la bêche trop loin devant bous, seulement à quelques centimètres de vos pieds.
  3. Enfoncez la bêche à 45 degrés dans le sol en appuyant d’un pied sur la base, avec tout le poids de votre corps.
  4. Évitez de bêcher à plus de 25 cm de profondeur.
  5. Ne prenez pas un trop gros volume de terre : ajustez à votre force physique.
  6. Pliez les genoux et poussez sur les jambes pour soulever et retourner
  7. Utilisez l’effet de levier plutôt que la seule force.
  8. Une fois retournée, brisez la motte en tapant dessus avec la tranche de votre bêche.
  9. Retirez manuellement les racines et jetez-les.

Grelinette ou bêche : comparaison

bechage

Bêche
Retourne le sol et enterre la couche fertile
Plus économique à l’achat
Assez légère
Blesse le dos et sollicite la colonne vertébrale (lombaires)
Fatiguant
Long
Permet de faire d’autres travaux (déraciner, couper, creuser, border…)

grelinette

Grelinette
Respecte l’équilibre des couches du sol
Plus chère à l’achat
Un peu plus lourde, mais plus maniable
Préserve le dos avec un mouvement de pousser-glisser et pas de soulever
Peu fatigant
Rapide
Usage unique pour aérer le sol

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Comment labourer avec un motoculteur ?

labourer avec motoculteur
  1. Commencez par défricher le terrain : fauchez, désherbez et retirez tous les déchets végétaux qui jonchent le sol.
  2. Assurez-vous qu’il n’y ait aucune souche d’arbre enterrée ni grosse pierre.
  3. Vérifiez que votre terrain soit exempt d’ouvrages enterrés : canalisations, épandage, fosses septiques…
  4. Répandez du purin sur le sol avant de labourer, il sera mieux enfoncé dans la terre.
  5. Réglez votre charrue pour ne pas labourer plus que 30 cm de profondeur.
  6. Utilisez des gants antivibrations, des bottes de sécurité et des lunettes anti projections. 
  7. Avant de commencer, vérifiez que les niveaux sont faits, les accessoires correctement assemblés et le câblage solide.
  8. Enfoncez les lames avant de démarrer.
  9. Passez sans forcer l’appui, à vitesse réduite.
  10. Sur un terrain en pente, labourez horizontalement pour votre sécurité.
  11. Déplacez-vous en rangées : la terre retournée doit recouvrir celle de la rangée précédente.
  12. Retirez les racines qui se coinceraient dans vos lames.
  13. En dernier passage, utilisez un émietteur pour casser les mottes.
motobineuse

Motoculteur ou motobineuse ? Quelles différences ?

Lorsqu’il s’agit de labourer la terre avec une machine, on se trouve parfois confronté à un choix : motoculteur ou motobineuse. Les deux sont des engins de labourage motorisés utilisés pour retourner la terre et préparer le sol.

Motobineuse : la motobineuse est plus spécialement destinée aux particuliers avec un petit jardin (100 à 1000 m²).

La motobineuse peut être électrique ou thermique, elle n’est pas tractée et il faut la pousser. Elle recourt à des fraises rotatives fines qui remuent la terre jusqu’à 20 cm en profondeur. Elle se conduit grâce à un guidon à poignées.

Elle est plus fine et plus légère, moins chère (100 à 400 €) également, qu’un motoculteur.

Motoculteur : le motoculteur est généralement utilisé par les jardiniers ou agriculteurs qui doivent travailler un grand terrain, de 1000 à 3000 m².

Le motoculteur est un engin thermique autotracté puissant qui peut travailler le sol sur une largeur de 1 m pour chaque passage. Retourner la terre avec un motoculteur permet de labourer en profondeur (50 cm), contrairement à la motobineuse qui ne fait que le mélanger. Le motoculteur possède 2 roues minimum (1 seule pour la motobineuse) et pèse jusqu’à 100 kg.

Le motoculteur vaut généralement au moins le double du prix d’une motobineuse, c’est-à-dire 600 € en moyenne.

Quand passer le motoculteur dans le jardin ?

Comme pour le bêchage, le meilleur moment si vous vous demandez quand retourner la terre est la jonction automne/hiver. Avant le gel et avant les grosses pluies et la neige.

Quand retourner son jardin avec motoculteur ou la grelinette dépendra aussi de l’humidité : intervenez lorsque le sol est sec… mais pas trop. Octobre est généralement un bon mois.

Les outils de travail de la terre


Il existe une multitude d’outils pour ameublir la terre ou l’aérer.
De l’outil pour labourer les champs à la biogriffe de jardin, et au mini râteau de jardin urbain.

Le choix dépendra de la taille de votre jardin et de votre choix de pratique de culture (traditionnelle ou permaculture).

outils pour le jardin
  • Bêche à dents
  • Bêche plate
  • Binette (petite bêche uniquement destinée au travail de surface)
  • Croc
  • Emietteur
  • Fourche-bêche, biogriffe, griffe de jardin ou grélinette (tous ces termes désignent le même outil)


  • Houe
  • Motobineuse
  • Motoculteur
  • Râteau
  • Sarcloir ou sarcleuse (pour désherber sans désorganiser)


travailler la terre

Comment utiliser une grelinette ?

  1. Tenez face à vous un manche dans chaque main et plantez l’outil avec les dents bien enfoncées dans le sol, perpendiculairement.
  2. Avec le pied, enfoncez.
  3. Faites un pas en arrière pour avoir les bras tendus et tirez les poignées sans vous pencher. Vous faites alors un mouvement de bascule.
  4. Soulevez la motte de terre… et reposez-la.
  5. Balancez ensuite la grelinette de droit à gauche pour « émietter » la motte.
  6. Sortez les griffes, reculez d’un pas, et recommencez sur toute la surface. Toujours en reculant.

Comment faire une butte de culture (ou un potager en lasagnes) ?

  1. Dessinez virtuellement au sol une bande de moins de 20 m² (environ 2 m sur 10 maximum).
  2. Tondez au ras du sol.
  3. Posez sur toute la surface du carton sans scotch et non imprimé, non glacé.
    Un film géotextile fonctionne également.
  4. Posez deux couches de ce carton.
  5. Lestez avec des branchages, plus épais au centre de la bande, et plus fins sur les côtés. Le volume doit progressivement prendre une forme pyramidale.
  6. Ajoutez une couche de paille ou de feuilles mortes.
  7. Ajoutez une couche de déchets de tonte ou déchets verts (épluchures de légumes et tout ce que vous mettez habituellement au compost).
  8. Puis de nouveau une couche de paille ou déchets bruns.
  9. Alternez successivement vos couches de 5-8 cm jusqu’à une hauteur satisfaisante de 40 cm environ.
  10. Ajoutez ensuite sur le dessus du compost, ou du purin de cheval ou d’herbivore. Recouvrez toute la surface.
  11. Mettez une dernière couche fine de paille.
  12. Arrosez copieusement.
  13. Laissez reposer 1 à 3 mois avant de planter.
  14. Pour garder vote butte de culture « vivante », vous devrez vous assurer qu’elle soit constamment plantée. Ce sont les racines qui vont l’oxygéner et maintenir son activité.
    Alimentez régulièrement votre bute en compost de surface et déchets organiques pour la « nourrir ».

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